Cumul des mandats.

Publié le par Florence Lamarque

La question du cumul des mandats traverse un nouvelle fois notre parti mais aussi notre société. Ce qui me gène toujours, c'est que cette question est souvent emprunte de quelques gouttes de populisme. Je m'explique: dans l'inconscient général, repris souvent par les médias, il y a ceux qui sont pour le cumul des mandats, les  élus ou encore les "notables", et ceux qui sont  contre, car ils luttent contre les "privilèges" des autres. Et l'ennui, c'est que la droite va essayer de traiter la question de cette manière dichotomique. 

Or, la question du cumul des mandats pose une autre question politique : qu'est-ce que la fonction d'être élu(e) aujourd'hui?

Situer cette question dans le présent est très important, car la société actuelle  et son organisation ne sont  plus les mêmes que celle du siècle dernier : décentralisation accrue, concentration géographique et démographique  des bassins de populations, augmentation exponentielle de nouvelles lois, accélération des moyens de communication, démocratisation d'internet.... Ce qui engendre de nouvelles compétences pour nos élus politiques : maitrise de tous les outils des communication, connaissance parfaite de dossiers très techniques, actualisation de ses connaissances législatives, construction de réseau...  Outre les convictions, nous sommes donc passés  à la politique  des compétences, et assistons donc à une professionnalisation des hommes et femmes politiques. Cela demande donc du temps  : quel salarié peut aller à une conférence de presse à 10h30 ? Qui peut travaller pendant des heures sur des dossiers très complexes après sa journée de travail? Qui peut se former pour acquérir les nouvelles compétences nécessaires pour exercer les fonctions d'élu (e)? Qui peut aller rencontrer des associations, des publics au milieu de le journée en exerçant un métier à plein temps?

Ainsi, la question du cumul des mandats doit être couplée à la question du statut de l'élu. Il faudra du courage, mais cela me semble  impératif si nous voulons  véritablement imposer notre vision de la gestion politique de la Cité : en donnant une place et une reconnaissance à l'élu (e), nous donnerons une véritable place aux électeurs, et donc aux citoyens.  

Publié dans Editorial

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J
C'est lucide et clair ! Bravo pour ce papier.
@ bientôt.
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