Le travail social : un concept d'écologie politique
Depuis dimanche dernier, il est de bon ton de parler d'écologie quand on fait de la politique. C'est comme si les notions rattachées au "social" étaient dépassées, balayées par un tsunami "vert". Or je reste convaincue qu'elles ne doivent pas être mises de côté mais plutot intégrées, reformulées dans un nouveau projet politique.
En m'appuyant sur la préparation de la prochaine matinée de travail de la Fédération portant sur l'économie durable et sur les excellents articles du Monde ( parus le S
samedi 13 Juin) , je vais tenter de vous montrer comment le travail social, en tant que mission de service public, est un concept d'avenir. Je m'explique .
Si l'on prend la définition de la commission mondiale sur l'environnement et le développement ( Rapport Brundtland, 1987), le développement durable est " Un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion : le concept de « besoins », et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d’accorder la plus grande priorité, et l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir. »
Nous sommes donc centrés non pas sur la gestion des ressources purement matérielles mais devons répondre aux besoins des êtres humains présents et à venir. Or, le travail social est situé exactement dans ce champ là : accompagner des personnes en difficultés sociales afin de répondre à leurs besoins pour les amener à un mieux être et à retrouver de l'autonomie.
De son côté, l'économiste Jean Gadrey traduisant l'écologie politique en une société de plein emploi sans croissance, dit que "produire des biens (ou des services) de façon écologiquement durable exige plus de travail que produire les "mêmes" biens ( ou services) en détruisant les ressources naturelles et le climat" ( propos parus dans Le Monde du 13/06/09) .
Ainsi, si le travail social, en tant que mission de service public, s'inscrit dans une notion de développement durable, il doit bénéficier de plus de moyens. Celui-ci étant financé par la Collectivité, la mise en place d'une écologie politique doit prôner un renforcement des moyens pour le travail social. N'est-ce pas la reformulation "actuelle" de la fonction de l'Etat Providence qui désigne l’ensemble des interventions de l’État dans le domaine social, afin de garantir un niveau minimum de bien-être à l’ensemble de la population, en particulier à travers un système étendu de protection sociale?
Alors, s'il n'est plus de bon ton de parler d'Etat Providence, parlons d'écologie politique ! Mais n'oublions pas de préserver la plus belle ressource de notre planète : l'Homme!!