Obligation d'hebergement...
Chaque année à la même époque, la question de la prise en charge de la grande précarité revient sur le devant de la scène aux premiers grands froids.
Cette année, cette question est plus forte que jamais au vu du nombre de morts à la rue. Cette question est aussi fondamentale au vu de la réponse faite par Mme BOUTIN à ce problème. La question est de savoir, non plus ce que l’on propose à ces personnes en terme de prise en charge comme nous l’avions vu lors de l’action des Enfants de Don Quichotte, mais « comment faire en sorte que la société ne soit plus confrontée, ne soit plus exposée, ou soit tout simplement protégée face à cet inacceptable, ces personnes qui dérangent, qui bousculent ? »
Alors faut-il obliger les personnes SDF à être prises en charge dans des centres d’hébergement d’urgence en période de grand froid ?
Faisons un détour par l’existant : l’obligation de prise en charge ne peut être que du côté du soin : soit par des hospitalisations à la demande d'un tiers ou des hospitalisations d’office, soit en faisant jouer la notion de non-assistance à personne en danger pour les personnes vulnérables, qui aboutit à des signalements au Procureur de la République qui transmet la plus part du temps ces situations du côté du soin en saisissant le médecin inspecteur DDASS.
Cette question est donc au carrefour du respect des libertés individuelles et des dispositifs sociaux proposés par le Politique.
MAISONDIEU a très bien illustré ce type de propos en nommant la souffrance des grands exclus comme les « pathologies de la fraternité », les pathologies du lien social. Or ce que propose Mme BOUTIN n’est pas du paradigme de la fraternité mais plus de l’empêchement de mourir à la rue. C’est l’inverse d’un accompagnement à la vie de ces personnes.
Michel FOUCAULT nous a démontré que ce que montrent à voir les prises en charge proposées aux plus démunis sont le reflet de la société. La proposition d’hébergement d’office des personnes à la rue est certes une aberration en terme d’accompagnement social, mais aussi révélateur, peut-être, de la politique proposée par ce gouvernement, juste un empêchement à la mort…