Train de vie ou train d'enfer?
Le département pilote intégralement le dispositif du Revenu Minimum d’Insertion (R.M.I.) depuis la loi du 18 décembre 2003. Par contre, les modalités d’attribution sont instaurées par l’Etat. Ainsi, un décret soumettant son bénéfice à une évaluation "du train de vie " va paraître dans les prochains jours ( sources du Journal La Tribune du 09/01/08). Ce mode d’attribution risque de toucher d’autres prestations sociales.
Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire tout simplement mettre encore plus de suspicion sur les personnes en difficultés qui perçoivent ce type de ressources. Car les indicateurs d’évaluation de ce « train de vie » restent fumeux : ¼ de la valeur locative annuelle de logement occupé par l’allocataire, 6.25% de la valeur vénale d’une voiture si elle dépasse 10000€, 80% des dépenses de voyages ou de clubs de sport…En outre, je rappelle qu’une expérience en Angleterre est menée actuellement sur la mise en place d’un détecteur de mensonges pour tout demandeur de prestations sociales. Irons nous jusque là ?
Cela veut dire aussi qu’une personne en situation de précarité va être taxée sur ses « droits communs » (selon l’appellation de l’Abbé WRESINSKY, ATD Quart monde), tels les loisirs et la pratique du sport. Or, nous savons bien que cette activité physique est un outil pertinent en terme de santé publique mais aussi de socialisation et d’insertion.
La politique socialiste du Conseil Général de la Gironde défend depuis toujours la mise en place d’une politique volontariste de soutien à l’insertion. Son budget pour 2007 a été de 166 millions d’euros. Ce budget a financé des actions innovantes, mais aussi a privilégié des actions d’accompagnement de ces publics.